Hommage à nos pompiers

La Mairie de Villejust tient à adresser ses plus sincères remerciements à l’ensemble des sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires, qui, cet été comme tout au long de l’année, veillent sur notre sécurité.

Cet été, la France a vécu l’une des saisons de feux de forêt les plus intenses depuis le début des relevés satellites, il y a vingt ans. Des Landes à la Gironde, de la Corse à la forêt de Fontainebleau, des dizaines de milliers d’hectares sont partis en fumée… et plusieurs sapeurs-pompiers ont perdu la vie en luttant contre les flammes. Ces images, relayées jour après jour par les journaux et les chaînes d’information, ont rappelé à tous les Français une évidence que l’on oublie parfois : derrière chaque intervention, il y a des femmes et des hommes qui, chaque jour, mettent leur vie entre parenthèses – et parfois en jeu – pour protéger la nôtre.

L’été 2026 : une saison hors norme

À la mi-juillet 2026, plus de 42 000 hectares avaient déjà brûlé en France depuis le début de l’année, un niveau inédit à cette période depuis le début des relevés satellitaires d’EFFIS en 2006. Depuis le 1er juillet, près de 15 000 hectares étaient déjà partis en fumée, notamment dans la forêt de Fontainebleau et dans les massifs de la Drôme, du Var et de Corse.

Le feu parti de Saumos, en Gironde, le 22 juillet, a parcouru environ 42 000 hectares et entraîné l’évacuation de plus de 200 000 personnes. Face à l’ampleur du sinistre, d’importants renforts ont été mobilisés, notamment des militaires et un avion A400M, utilisé pour larguer du produit retardant.

À la fin de l’été, les surfaces brûlées en France avaient atteint un niveau sans précédent dans les données satellitaires européennes disponibles, avec près de 100 000 hectares selon les données EFFIS/Copernicus.

Cette année exceptionnelle s’est déroulée dans un contexte de fortes chaleurs et de sécheresse, qui ont rendu la végétation particulièrement inflammable.

Quatre pompiers sont morts sur le front des incendies depuis le début de l’été. Un bilan qui rappelle que, derrière les statistiques et les surfaces brûlées, les incendies mettent aussi directement en danger ceux qui les combattent.

La sécurité incendie à Villejust : comment ça marche ?

QUI INTERVIENT CHEZ NOUS ?

À Villejust, les secours sont assurés par les sapeurs-pompiers du SDIS de l’Essonne (SDIS 91). Les interventions sont notamment assurées depuis le Centre d’incendie et de secours (CIS) d’Orsay–Les Ulis, un des centres du SDIS 91. Il compte 65 sapeurs-pompiers et intervient sur un secteur à la fois urbain et rural.

QUI FINANCE ?

Le SDIS 91 est un établissement public chargé d’organiser les services d’incendie et de secours dans l’Essonne. Il est financé principalement par le Département de l’Essonne, qui en est le principal contributeur. Villejust contribue également, de façon volontaire, au fonctionnement et aux investissements du service.

QUI GÈRE ?

Le SDIS 91 est administré par un conseil d’administration. Depuis les élections municipales de mars 2026, Villejust y est représentée : notre maire, Igor Trickovski, réélu à la tête de la commune, fait parti du conseil d’administration.

Entretien avec le Chef du CIS Orsay/Les Ulis

À quoi ressemble une journée ordinaire dans une caserne ?

Ma journée débute entre 7h30 et 8h, avec une prise de contact avec le personnel de garde – un moment de convivialité pour discuter de comment va se passer la journée. Ensuite, je fais la gestion administrative du CIS, donc je m’assure que tout le monde puisse avoir ce dont il a besoin. Je m’assure que tous les personnels puissent partir sur intervention. Il m’arrive aussi de participer aux séquences de formation programmées quotidiennement.
Je veille à ce que tout fonctionne bien.

Vous êtes pompier professionnel, mais on sait que la majorité des pompiers sont volontaires. Comment devient-on pompier volontaire et, concrètement, que signifie cet engagement au quotidien ?

Moi, je suis sapeur-pompier professionnel. J’ai passé un concours pour devenir sapeur-pompier professionnel en 2002. Auparavant, j’étais sapeur-pompier volontaire dans le Pas-de-Calais. La différence entre les deux statuts, c’est qu’il y en a un qui est fonctionnaire. Le sapeur-pompier volontaire n’occupe pas un emploi à proprement parler – c’est une activité qu’il exerce, le plus souvent, en plus d’un autre métier.

Devenir volontaire est ouvert à tous, hommes et femmes, dès 17 ans et jusqu’à au moins 55 ans. Il faut répondre à des exigences physiques et médicales – il y a des tests à passer – et résider sur un secteur couvert par un centre de secours, ce qui, sur l’ensemble du département, est toujours possible de trouver. Il faut surtout avoir du temps à consacrer au service public, pour porter secours à la population.

Au quotidien, ils travaillent conjointement avec les sapeurs-pompiers professionnels. Ils sont intégrés à la garde. Et ils font exactement la même chose que tous les sapeurs-pompiers. Ce parcours n’est pas figé : le concours de sapeur-pompier professionnel est ouvert à toute personne titulaire du brevet des collèges – on peut tout à fait passer de l’un à l’autre.

Quel est le geste, le réflexe ou l’habitude que vous gardez de la caserne et que vous retrouvez malgré vous dans votre vie de tous les jours ?

La rigueur. J’essaie d’être toujours rigoureux dans tout ce que je fais, même à la maison. Quel que soit ce que j’ai à faire, j’essaie d’y appliquer cette même rigueur, et une certaine méthodologie.

En France, les sapeurs-pompiers volontaires constituent 80% des effectifs de sapeurs-pompiers. En Essonne, ce sont près de 1 970 sapeurs-pompiers volontaires qui sont engagés.

DEVENIR JEUNE SAPEUR-POMPIER

Tu as entre 13 et 14 ans ? Les jeunes sapeurs-pompiers sont faits pour toi ! En France, près de 29 000 filles et garçons sont jeunes sapeurs-pompiers (JSP). Les enfants et adolescents peuvent rejoindre une section JSP pour découvrir le métier, apprendre les gestes qui sauvent et les valeurs de l’engagement citoyen, à travers une formation progressive en quatre cycles – souvent le premier pas vers un futur engagement volontaire.

Centre cynotechnique de Villejust

Parfois, sauver une vie ne repose pas uniquement sur l’humain. Quatre pattes, un flair exceptionnel et une loyauté sans faille peuvent suffire à faire la différence dans une opération de secours. Et c’est justement ce savoir-faire que Villejust abrite sur son propre territoire : un centre cynotechnique unique en Europe, où sont formés des chiens sauveteurs capables de localiser des personnes ensevelies ou disparues.

Créé en 2015, par le lieutenant Marc Courtois, ce centre d’entraînement et de formation reproduit à l’identique une ville détruite : une école, un hôtel, un restaurant, un immeuble, une station-service…

L’objectif n’est pas simplement de faire chercher un chien dans des gravats. Il faut reproduire les difficultés auxquelles il sera confronté lors d’une véritable intervention. Les différentes zones comportent ainsi des cachettes. Les chiens doivent apprendre à travailler malgré le bruit, les odeurs parasites, l’instabilité du terrain ou encore la présence d’éléments susceptibles de les distraire.

Dès ses premières années, le centre accueille des équipes françaises et étrangères.

Les équipes Sauvetage-déblaiement (SD) viennent également profiter de ces équipements régulièrement pour se former et s’entraîner.

Tests IRO 2026

Les 27 et 28 juin 2026, le centre cynotechnique de Villejust a accueilli les tests IRO – International Search and Rescue Dog Organisation. Au total, 37 équipes ont participé à ces épreuves, représentant la Belgique, la Turquie, la France, les Pays-Bas, l’Espagne et le Chili. À l’issue de ces tests, une personne de CSP France aura également l’honneur de participer au Championnat du monde IRO, qui se déroulera en Italie.

Entretien avec le Président CSP France

Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir pompier ?

J’ai toujours voulu faire ça, puisque je suis rentré pompier volontaire à 16 ans, très rapidement j’ai voulu rentrer dans ce milieu-là, et je n’ai pas pensé faire autre chose. Et aujourd’hui, je n’imagine même pas faire autre chose.

Qu’est-ce qui vous impressionne le plus dans le travail des chiens de secours et dans la relation qu’ils développent avec leur maître ?

Ce qui m’impressionne le plus dans le travail du chien, c’est sa capacité olfactive : ce pouvoir de discriminer les odeurs avec un niveau de finesse que nous, on n’a pas. Après, je suis très impressionné par leur loyauté. Quand on dit que le chien, c’est le meilleur ami de l’homme, je pense que c’est bien plus que ça. Quoi qu’il arrive, peu importe notre humeur, peu importe la situation, ils sont toujours loyaux, toujours là pour nous. Dans les mauvais moments, ils ont ce sixième sens qui fait qu’ils sont capables d’amener indirectement du réconfort. Ça m’impressionne, parce que l’humain, il sait se faire beaucoup de mal, alors que les animaux, eux, savent rester simples.

On n’a pas de chiens qui, aujourd’hui, sont tristes ou malheureux : ils prennent beaucoup de plaisir à faire ce qu’ils font. C’est comme tous les gens qui font des métiers physiques, ils y laissent la santé – monter sur les décombres, ça reste du sport. Moi, je suis très admiratif de leur pugnacité, de leur loyauté, de leur capacité à se dépasser. Même quand ils aimeraient avoir la paix, ils savent encore répondre présent : « Ok, tu me dis qu’il faut qu’on y retourne, on y retourne. »

Et la relation qu’on peut développer avec eux, pour un maître-chien, elle est indescriptible. On développe quelque chose d’intense. Il y a des moments de crise, des moments difficiles, et puis, de temps en temps, des moments de joie. Et dans ces moments-là, la relation est tellement forte qu’ils sont capables de vous faire sourire, et capables de vous faire pleurer.

S’il y avait une seule chose que vous vouliez que les habitants de Villejust retiennent après avoir lu cet article, ce serait laquelle ?

Aujourd’hui, je les remercie, je remercie la commune, mais je remercie aussi les habitants, parce que le site de Villejust, qui rayonne au niveau national et européen, est accepté, et qu’on nous permet toujours d’avoir ce rayonnement – un rayonnement important pour nous, pour développer nos compétences. Retenir quelque chose de notre métier, c’est difficile, il y a tant de choses, mais s’ils doivent en retenir une, c’est que sans la commune et sans les habitants de Villejust, on n’aurait peut-être pas eu la possibilité d’avoir un terrain qui nous permet d’avoir les compétences que nous avons aujourd’hui.